Décembre 2013,

Pas de piège météo cette semaine, le soleil va briller toute la semaine sur dame Ariège. C'est le crénaux parfait pour une "hivernale" au chaud sur le calcaire de Sinsat. On décide de partir sur une voie d'artif, pour une fois! Vu qu'on a pas une énorme éxperience dans le domaine et qu'on reste des suceurs de spits avant tout, notre choix s'oriente vers la "Directe du Toit" (400m, EDinf), au secteur de la Mirouge, voie dans laquelle les longueurs ne dépassent pas l'A2, le grand toit est criblé de spits de 8 pourris, et il y a même un peu de libre, ce qui nous permettra d'avancer un peu plus vite.

On a quand même pas mal de matos a prendre, car on part sur deux jours, et, vu qu'on a pas de portaledge, on embarque 150m de stat pour fixer le début de la voie le premier jour, redescendre bivouaquer au pied de la voie, remonter les stats le lendemain, les larguer, et enfin terminer la voie un peu plus légers. Les sacs pèsent au moins 30kg chacun, on est déjà morts en arrivant au pied de la voie. On commence à grimper à 15h, dans 3h il fera nuit, une vrai cordée de sudistes!!!! La nuit tombe quand on arrive sous le grand toit de 30m, on fait la longueur d'A0 et la descente en rappel à la lueur de la frontale.

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Nous bivouaquons dans un cratère formé par un énorme bloc tombé du haut de la paroi, tellement rassurés qu'on hésite à dormir avec les casques!!! Le lendemain, grosse ambiance pour la remontée sur corde plein gaz avec les lumières du matin, nous arrivons au sommet du toit, larguage des cordes, plus de possibilité de retraite, il faut avancer... Nous sortons donc, friends, crochets, marteau, pitons, étrier, et c'est parti pour une grande et laborieuse journée d'artif! Le plus dur, c'est l'attente, interminable, pendu dans ton baudar, car tous les relais sont plein gaz, t'arrêtes pas de changer de position mais rien à faire, t'es toujours aussi mal! La prochaine fois, c'est sûr, j'embarque une selette.

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Les longueurs sont partiellement équipées, on plante quelques pitons, on met aussi des friends (micros, 0.3 au 0.75), des crochets, si bien que petità petit, on on progresse et on arrive au jardin suspendu, qui marque la fin des hostilités. Là, on a deux solutions, soit les 3 longueurs (4c, 5c, 4c) qui sont pile devant nous, soit une seulre longueur en 4, à 100m à gauche. On décide bien sûr d'aller chercher cette dernière, en tant que partenaires du moindre effort. Malheureusement, on bartasse 1h tel des facochères égarés dans un enchevêtrement de buis enneigés, sans trouver la longueur salvatrice car la nuit tombe, on décide donc de revenir sur nos pas et de sortir par les trois longueurs.

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Vers 20h, on finit donc par arriver au sommet, et on se paye un bon casse croûte en profitant du panorama... mais quand on commence à analyser la descente, on s'aperçoit qu'il y a un bon mètre de neige et que ça va pas être une partie de plaisir!!! J'ai déjà fait cette descente une fois donc je me rappelle plus ou moins de la direction à prendre, et j'appelle quand même un pote pour qu'il me confirme l'itinéraire en consultant nôtre ami "Google earth". L'orientation de nuit en pleine forêt enneigée n'est pas facile, surtout qu'on s'enfonce souvent jusqu'à la taille, mais on fini quand même par retrouver le chemin, nôtre bonheur est immense quand on rejoint la route de Verdun, trempés jusqu'aux os!